LES GENDARMES SOUS L'EAU

2 août 2012 - 13:20

Des gendarmes sous les eaux

 

Dans la fraîcheur d’une matinée d’avril, alors que le soleil tarde à réchauffer une atmosphère humide de rosée, une animation étrange règne dans une crique de Larmor-Plage, dans le Morbihan. Silhouettes énigmatiques progressant dans un léger brouillard, une vingtaine de plongeurs en combinaisons rejoignent à la nage la grosse vedette du centre de plongée de Kerguelen, la totalité de leur matériel sur le dos. La scène a quelque chose d’inhabituel car il est plutôt rare de voir les amateurs d’activités subaquatiques évoluer silencieusement, se mouiller avant de plonger et, qui plus est, si tôt dans la journée ! En approchant le groupe, le voile brumeux se déchire et l’observateur attentif découvre qu’il a affaire à un groupe de plongeurs d’élite de la Gendarmerie nationale, des hommes et femmes dont la discrétion n’a d’égale qu’une remarquable compétence alliée à une rare efficacité. Il s’agit en effet d’enquêteurs subaquatiques de la zone de défense et de sécurité Ouest (ZDSO) en stage de perfectionnement et d’entraînement sous la direction du capitaine Olivier Rault, officier nautique à Rennes de la région de gendarmerie de Bretagne et pour la ZDSO. C’est l’occasion aussi pour l’Expédition Scyllias de partager à nouveau un moment en compagnie de ces gendarmes à la spécialité originale et peu connue mais ô combien utile. Par Jean-Louis Maurette.

La caractéristique principale de la zone de défense et de sécurité Ouest qui comprend les régions de gendarmerie de Haute et Basse-Normandie, Bretagne, Centre et Pays de la Loire (soit 20 départements), réside dans son ouverture maritime sur l’Atlantique et la Manche avec près de 2000 km de côtes, soit plus du tiers des côtes métropolitaines ! Une vaste zone où les activités subaquatiques de la gendarmerie départementale sont importantes et où l’on recense 12 unités, en majorité implantées sur le littoral avec 9 brigades nautiques côtières (BNC) à Ouistreham, Granville, Lézardrieux, Roscoff, Crozon, La-Forêt-Fouesnant, Quiberon, Pornic et Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Les eaux intérieures ne sont pas oubliées avec 3 brigades fluviales (BF) au Grand Quevilly, Nantes et Saint-Pierre-des-Corps. Elles rassemblent 70 personnels dont 50 enquêteurs subaquatiques qui ont réalisé en 2010 pas moins de 934 plongées opérationnelles (1 318 heures) auxquelles il faut ajouter 1 608 plongées d’entraînement (963 heures). On voit à la lecture de ces chiffres que les plongeurs de la ZDSO ne chôment pas.

 

Les yeux de la Justice sous les eaux

 

Le site retenu pour cette plongée d’entraînement de la journée est l’épave du Sperrbrecher 134, ex. Falke, qui repose depuis le 8 août 1944 par une vingtaine de mètres de fond à environ un tiers de mille devant Port Tudy, le principal port de l’île de Groix. La veille, l’unité a effectué un entraînement sur l’épave du chalutier Nadia qui lui gît par moins quarante-sept mètres, bénéficie rarement d’une bonne visibilité et n’est pas toujours facile d’accès. Le trajet jusqu’à Groix permet au capitaine Rault, mon guide au sein de cette unité d’exception, d’évoquer cette spécialité de la gendarmerie : ”Les constatations judiciaires constituent la mission principale des enquêteurs subaquatiques de la gendarmerie départementale. En effet, aujourd’hui, il est possible de conduire une enquête sous l’eau avec la même rigueur qu’à terre. Ce domaine est donc leur apanage car ils sont les yeux de la Justice dans cet élément. Ils y appliquent les techniques d’investigation judiciaire telles qu’elles sont conduites sur les autres scènes de crime.” Cependant, ils doivent tenir compte des contraintes particulières du milieu avec le froid, le courant dans les rivières, les fleuves et les canaux, la houle et les marées en mer, et principalement l’absence totale de visibilité, les interventions se déroulant souvent en eaux intérieures et dans les ports. Les plongeurs disposent exceptionnellement d’une visibilité supérieure à un mètre et très souvent ils évoluent dans le noir total, le sens tactile supplantant la vision. ”Le souci est de réussir à garder tous les éléments de la scène en mémoire. En effet, une fois remonté, comment se souvenir exactement de la position d’une victime ou de la façon précise dont étaient noués les liens qui l’entravaient. L’identification ou la collecte d’indices se fait du bout des doigts. De même, lors d’accidents de plongée, il faut impérativement retenir les chiffres affichés par les instruments de la victime car, une fois que l’on a remonté le corps, ces paramètres changent.” 


 

 

Artlcle SUBAQUA

Commentaires

2016 ( Fréjus, Cala Joncols et Bormes les Mimosas) : nouvelles photos 1 an
2016 ( Fréjus, Cala Joncols et Bormes les Mimosas) 1 an
[Sujet supprimé] et [Sujet supprimé] 1 an
Cala Joncols 2015 : nouvelles photos 1 an
Cala Joncols 2015 et Ile du planier et cap frapao 1 an
Ile du planier et cap frapao : nouvelles photos 1 an
Thierry Csepi est devenu membre 1 an
MA GEULE et CALA JONCOLS 2014 1 an
Diane Equilbec est devenu membre 1 an
CALA JONCOLS JUILLET 2015 : nouvelles photos plus de 2 ans
UNE ASSEMBLEE GENERALE SUR FOND DE BONNE HUMEUR plus de 2 ans
LA FFESSM EN GUYANE plus de 2 ans
MEILLEURS VOEUX 2015 : envoi plus de 2 ans
SALON DE LA PLONGEE et PLONGEE A CURACAO : envoi plus de 2 ans
PLONGEE A CURACAO plus de 2 ans

Les membres déjà inscrits sur le site de votre club :

  • 1 Président
  • 1 Dirigeant
  • 1 Entraîneur
  • 3 Licenciés
  • 9 Supporters